Au cours du mois de janvier dernier, je suis tombé par le plus grand des hasards sur un dossier dans L’Express qui traitait d’un sujet grave et quelque peu obscur : celui de la prostitution estudiantine. J’avais aussi remarqué que cet article avait été publié à l’occasion de la sortie d’une sorte de “roman-témoignage” d’une certaine Laura D., étudiante en LEA espagnol-italien. Elle fait partie de ses étudiants dont les parents sont trop “riches” pour prétendre à une bourse, et trop “pauvres” pour subvenir aux besoins de leur fille! Elle est donc forcée d’avoir recours à la prostitution pour se nourrir et se loger.
Après la lecture d’un passage ou deux, j’avais pour projet de me le procurer … Puis j’ai oublié, le roman s’étant noyé sous ma liste énorme de roman à lire ou à acheter ! Jusqu’au jour où je tombe dessus en librairie, et en parle à ma LiSa. Je crois qu’à ce moment là, j’avais pas les sous sur moi pour l’acheter (soit dit en passant, je trouve le prix des livres de plus en plus aberrant).
Et donc, lors de mon dernier voyage à Nancy, LiSa me tend un livre, en me disant qu’elle n’a pas eu le temps de l’emballer … Et je vois donc ce livre, que je n’aurais certainement jamais lu si on ne me l’avait pas offert. Encore merci (L) !

Mais trève de racontage de vie, parlons du livre en lui même …
La couverture tout d’abord : un corps d’étudiante partagé en deux et au visage flouté. D’un côté des cours et des vêtements de tous les jours; de l’autre, une tenue aguicheuse, un bas, et des billets … En guise de titre :
Mes chères études
Etudiante, 19 ans
job alimenaire : prostituée

Les bases sont posées … :s ! Alors je me lance. Première impression, certes motivée par une once de jalousie certainement, mais qui n’avait pas lieue d’être ici : vu comme c’est écrit, presque tout le monde peut se faire publier, si il a quelque chose de pas commun à raconter …
Je poursuis, et au fil des pages je suis de plus en plus choqué. Choqué par la naïveté de l’auteur, l’attitude de son copain au début (pour ceux et celles qui l’ont lu), la nature des descriptions … Parce que oui, tout est raconté ! De la chambre d’hôtel avec le papi de 60 ans qui fantasme sur les étudiantes, jusqu’aux harcèlements téléphoniques des “clients” … Boulversant.
On suit donc l’histoire de cette Laura, tout en progression, jusqu’à une fin approximative qui laisse penser qu’un espoir de s’en sortir existe.

Mon avis personnel :
J’ai beaucoup été touché par ce témoignage, notamment par le fait qu’il soit criant de vérité. Par exemple, au début, elle décrit son inscription à la fac, les frais de scolarité, les mutuelles étudiantes, les premiers cours en amphi … Tant de choses que j’ai moi même vécu aux mêmes moments qu’elle. Oui parce que chaque chapitre est daté ! et à chaque fois je me disais, pendant la lecture, “p*****, et dire qu’en ce moment même j’étais en train de fêter ci ou ça avec untel …” ! Les frais de scolarité sont précisément les mêmes que j’ai dû avancer à la fac, etc … Tant de détails insignifiants qui rendent pourtant le récit complètement ancré dans la réalité !
Mais la comparaison s’arrête là, et l’on voit qu’elle tombe dans une véritable spirale dont on ne se sort pas facilement. Maintenant voila, comme je le disais plus haut, elle est un peu naïve … Je ne sais pas si c’est pour les besoins du roman ou autre, mais honnêtement je ne pense pas que l’on tombe là dedans avec autant de hasard qu’elle semble le dire ! De plus, je reste persuadé qu’elle aurait pu s’en sortir autrement. Elle parle vaguement du CROUS qui l’a éconduit apparemment. Mais pourquoi n’a-t-elle pas persisté ? Je connais des gens qui n’ont à la base pas le droit à la bourse, mais qui la touche quand même dans des cas particuliers ! Et si quelqu’un me parle de dignité ou autre, désolé mais je préfère insister auprès d’un organisme d’aide étudiante, plutôt que penser, ne serait-ce qu’une seconde, à l’option qu’a choisit l’auteur.
Malgré tout son témoignage n’en demeure pas moins poignant, mais comme le dis Prescillia dans son blog, “Laura se décrédibilise quant à sa nécessité de se prostituer” !
Ce livre se laisse tout de même lire, en très peu de temps soit dit en passant, et nous fait ouvrir les yeux sur un phénomène qui reste encore complètement méconnu : la prostitution étudiante … On parlerait d’un nombre d’environ 40 000 cas touchés par ce fléau !!

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