L’invité qui fâche …
Hier, vendredi 14 mars 2008, s’est ouvert Le Salon Du Livre, au parc des exposition Porte de Versailles à Paris. Rendez-vous littéraire immanquable, il est pourtant victime depuis quelques jours d’une polémique grave.
L’invité d’honneur cette année est en effet Israël, et quelques 40 auteurs de langue hébraïque. Ce qui, au vu des évènements récents à Gaza notamment, a eu pour conséquence de faire crisser des dents les pays arabo-musulmans et leurs écrivains.
On assiste ainsi à un appel au boycott. Le Liban, qui est pourtant la pierre angulaire de la francophonie au Moyen-Orient ne se rendra pas à ce Salon du Livre. Il en est de même pour l’Arabie Saoudite, l’Egypte, l’Algérie, ou le Maroc entre autres.
Il faut savoir aussi le fait que l’on “fête” cette année les 60 ans de l’Etat d’Israël. Autant dire que le choix de l’invité de cette édition 2008 n’allait pas passer comme une lettre à la poste.
C’est donc sans écrivains arabes qui ont décidé de soutenir leurs frères palestiniens, hormis quelques rares exceptions, que ce déroulera ce Salon Du Livre 2008 …

Mon avis sur la question :
Il est tout d’abord très très regrettable qu’un rendez-vous littéraire tel que celui-ci soit troublé par la politique. Ce devait être un lieu de rencontres, d’échanges, de culture, et de lettres … Et bien non, ce sera un lieu placé sous haute surveillance ! Bref, quelque chose qui ne devrait plus avoir lieu aujourd’hui.
Maintenant je ne critique pas spécialement ce boycott qui, selon moi, est tout de même légitime. Inviter Israël l’année de ses 60 ans n’est pas anodin … Et que le pays des Droits de l’Homme invite un état criminel et colonialiste lors d’une manifestation culturelle telle que celle ci, je suis contre. Comme je l’annonçais en Mai dernier à certains qui se reconnaîtrons, voici l’illustration même de la politique pro-isrëlienne de Mr Sarkozy, semblabe à celle des Etats-Unis …
Que dire du fait qu’Israël, pays composite dit on, ne soit représenté que par des écrivains qui s’expriment en hébreux ? (pour des raisons budgétaires parait-il :) )
Il faut bien être conscient du fait que la littérature est forcément un miroir social, et politique du pays qui l’abrite …
Je ne parlerai pas ici de la présence du président israëlien Shimon Pérès, ni du système de sécurité qui a été mis en place autour de lui et qui doit donner un bien “belle” allure à ce salon littéraire, ni des évènements à Gaza qui enfoncent un peu plus le clou …
Quant à Mr Pérès qui compare presque le boycott aux autodafé nazis … pffff ! j’en suis dépité !
Pour terminer, espérons juste que la littérature reprendra ses droits, que les débats entre lettrés ne déborderons pas en débats politisés, et que tout ceci ne termine pas en pugilat …

Votre avis ???